intro-contrat-de-mariage

Hier, nous avons vu un acte normal, pour la suite, nous allons pister les actes présentant des particularités à ne pas manquer.

Autant rester au même endroit, Romorantin, toujours sur le même registre : 1MIEC 194 R8.

Page 282, acte n°64, examinons à la loupe, le mariage de Jean Baptiste Bezeau et Marie Huet.

La mention en marge "veuf et fille" signifie tout simplement que le marié est veuf et la mariée célibataire.

Jean Baptiste Bezeau est veuf, de Rosalie Tissier, mais le maire a omis d'indiquer son décès, alors qu'il a bien précisé le décès des parents du marié et de la mariée. Il indique même que "les auteurs sont eux-mêmes décédés". Qu'est-ce que cela veut dire ?

Tout simplement que pour se marier, il faut l'autorisation des ascendants (parents et à défaut, grands-parents), quelque soit son âge. Jean Baptiste Bezeau a cinquante-trois ans et est veuf. Pourtant, il lui faut cette autorisation. Étant donné qu'il est largement majeur et que tout le monde est mort, il peut passer outre, mais quand même... Le maire le précise. Cette règle va durer jusqu'en 1933.

Il en est de même pour la mariée, mais là, le maire ne parle pas des grands-parents, la mère étant décédée. Deux poids deux mesures ?

Cet acte présente une autre particularité : une erreur dans l'orthographe du nom de famille du marié dans son acte de naissance : écrit Bezau au lieu de Bezeau, et l'omission du nom de sa mère dans l'acte de décès du père. Il n'est pas besoin, dans ce cas-là, de passer au tribunal, l'attestation sous serment des quatre témoins est suffisante. Les actes de naissance et de décès ne seront pas modifiés.

Si vous avez été attentif à la lecture, vous avez découvert deux faits généalogiques supplémentaires dans cet acte :

  • Le père de Jean Baptiste Bezeau a été marié au moins deux fois et sa mère était la première femme.
  • Marie Huet a eu une fille naturelle... puisque son gendre, Adrien Léomant, est son témoin.

Demain, nous regarderons de plus près cette histoire d'autorisation de mariage.