de Fraix de Frigon

Dans un lot de faires-parts de décès, j'ai trouvé celui de Joseph de Fraix de Figon. Une mention a immédiatement attiré mon attention "ancien zouave pontifical".

Cela a ouvert la porte aux questions suivantes : a-t-il fait la campagne de France ? était-il à Loigny ?

Une petite recherche sur le net a donné les réponses : oui, doublement oui.

Joseph de Fraix de Figon est né le 27 décembre 1849, à Saint-Chamond, Loire. Il est le fils de Louis Adolphe de Fraix de Figon, conseiller général de la Haute-Loire, et de Marguerite Antoinette Eugénie Neyrand. Lors de l'appel de sa classe, il se fait remplacer par Pierre Dupuis, de Lez en Haute-Garonne.

Cela me surprend parce que ce n'est pas vraiment en accord avec l'engagement extrême d'un zouave pontifical.

Mais en cherchant plus loin, je découvre que le 20 mars 1868, il s'est engagé aux zouaves pontificaux. Il ne peut donc pas intégrer en même temps, l'armée de ligne.

Il n'a pas vingt ans qu'il est nommé caporal. Il sera sergent le 21 mai 1870.

Au fait, c'est quoi, un zouave pontifical ? Il s'agit d'un régiment de volontaires, français, belge et néerlandais, créé pour défendre l'état pontifical, mis en danger par les piémontais.

Joseph participe au siège de Rome. Le 20 septembre 1870, c'est le cessé le feu. Le régiment est licencié et les français sont rapatriés à Toulon.

A partir de cette date, le général de Charette met ses troupes à la disposition du gouvernement français qui accepte à la condition qu'ils prennent le nom de "volontaires de l'ouest". C'est un peu raté, parce que le nom de zouaves pontificaux est resté, non seulement lié au régiment, mais également à la bataille de Loigny.

Justement, le 2 décembre 1870, Joseph est là, et fait partie des zouaves pontificaux "chanceux", ceux qui ont survécu.

Il est licencié le 15 août 1871 et reprend le cours de sa vie. Il se marie avec Jeanne Thiollière dont il a six garçons et deux filles, et décède, le 23 janvier 1934, à l'âge de 84 ans.

Il est médaillé Bene Merenti pour service à l'église catholique et chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand.

J'ai lu de nombreux récits sur les exploits des zouaves pontificaux à Loigny. Mais là, je peux mettre un nom et un visage sur l'un d'eux.