Dans un des lots de cartes postales anciennes que j’ai achetés, il y a plusieurs cartes écrites par Omer Aubert, en secteur militaire. J’ai regardé sur la base des morts pour la France et il n’y est pas. Ouf.

Et je n’ai pas grand-chose pour l’identifier. Ces cartes sont succinctes. Elles vont de septembre 1912 à avril 1920 et elles sont toutes adressées à Frédéric, Paul, Gustave ou Marie Louise Barnouin, de Puymeras, dans le Vaucluse.

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En regardant de plus près le lot de cartes postales, je me rends compte que d’autres cartes sont adressées à la même famille. Elles viennent d’un certain Favier, du 15e corps d’ambulances, entre décembre 1914 et mars 1915, de Gustave Barnouin, de février à juillet 1918, de Marcellin Léonard, du 5e régiment colonial, en 1913, d’Albert Cuny, du 58e d’infanterie, en 1918.

Une recherche rapide dans la base précitée, et je trouve deux morts au nom de Barnouin, née à Puymeras, Auguste et Paul. S’agit-il des Paul et Auguste auxquels Omer écrivait ? Ma curiosité est piquée, alors direction le Vaucluse et Puymeras.

Le recensement de 1911 est en ligne et j’y trouve une famille Barnouin : le père Frédéric, soixante ans, la mère Nancy, quarante-et-un ans, les enfants, Paul, quinze ans, Gustave, treize ans, Julie, douze ans, et Marie, neuf ans.

Si je compare avec la bases de morts pour la France, Paul Auguste Barnouin est né le 12 décembre 1895 à Puymeras, ce qui correspondrait à Paul. Gustave Léon est né le 23 février 1898 à Puymeras, ce qui correspond à Gustave. Il ne reste plus qu’à vérifier sur les feuillets matricules.

Paul Auguste Barnouin, est le fils de Frédéric Barnouin et de Marie Nancy Chave. Le 18 décembre 1914, il intègre le 92e régiment d’infanterie à Clermont-Ferrand. Il décède au même endroit, le 6 avril 1915, sans autre précision. Sa fiche MDH indique qu’il est décédé à l’hôpital d’une maladie contractée au service.

Gustave Léon Barnouin est bien son frère. Il est incorporé au 112e régiment d’infanterie à compter du 3 mai 1917. Il passe au 30e régiment d’infanterie à Annecy le 11 mai 1918. Il décède le 28 septembre 1918, à l’ambulance 3/20 stationnée à La Veuve, canton de Chalons-sur-Marne, des suites de blessures reçues le même jour, à la tranchée de Coblentz.

Les archives du Vaucluse ont indexé les militaires. Une petite recherche me permet de trouver un Albert Cuny (Ludovic Albert Cuny), qui est bien domicilié à Puymeras, du 58e régiment d’infanterie. Il est de la classe 1918, comme Gustave Léon. Il part le 3 mai 1917, comme lui, mais pour le 61e régiment d’infanterie, qu’il quitte le 15 novembre 1917 pour le 58e régiment d’infanterie. Il est le fils de Marius Cuny et Philomène Marie Barnaud, né à Valouse. Probablement un ami. Il décède le 18 septembre 1918 à l’hôpital complémentaire n°6 à Troyes, de maladie contractée au service, mort pour la France comme les frères Paul et Gustave.

Je ne trouve pas de Léonard Marcellin ou de Marcellin Léonard ni d’Omer Aubert sur les matricules indexés du Vaucluse. Pour les Favier, il y en a 160 et je n’ai pas de prénoms.

Une lecture plus approfondie des cartes d’Omer et du nommé Favier indique qu’ils sont cousins des Barnouin. Je laisse tomber Marcellin Léonard pour l’instant. Il n’a écrit qu’une carte à Paul Barnouin, en 1913. C’est peut-être un ami.

Un petit tour sur Filae me donne la naissance d’un Omer Aubert, né le 30 décembre 1891, à Villedieu dans le Vaucluse, fils d’Auguste Aubert et Angèle Barnouin. Bizarre de ne pas l’avoir trouvé dans les matricules indexés !!! J’y retourne et là, je le trouve (attention aux filtres non annulés de la recherche précédente). Il a incorporé le 163e régiment d’infanterie le 1er octobre 1912. Il part à la guerre avec son régiment et est blessé le 7 avril 1915, d’une plaie aux deux fesses par balle et shrapnells. Il passe au 55e régiment d’infanterie le 24 juin 1915, puis au 155e le 10 octobre. Il est blessé et évacué le 11 novembre 1916, plaie au mollet gauche par balle à Saillisel avec gène fonctionnelle de la jambe. Il passe au 108e régiment d’infanterie le 19 juin 1918, puis au 99e le 6 juillet, il est évacué pour maladie le 29 septembre 1918.Il passe au 128e le 6 janvier 1919.

Si je fais attention aux filtres, peut-être que maintenant, je vais trouver Marcellin Léonard !! Non. Filae va-t-il m’aider ? non plus. Mais au moins, j’ai trouvé Omer.

Je vais continuer à chercher Favier et lundi, vous aurez la suite de l’histoire.