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Le sujet du jour vient d'une discussion que j'ai eu avec une amie-collègue. Nous parlions d'un personnage incontournable de la généalogie dans les médias d'aujourd'hui et nous n'étions pas d'accord. Pour elle, il était généalogiste professionnel, pour moi non. Après vérification, j'ai "gagné".

L'ambiguité tient au fait qu'il est présenté comme généalogiste dans les médias. Lui-même se qualifie ainsi sur les réseaux sociaux. Et ce n'est pas faux. Il n'est juste pas "généalogiste professionnel".

Alors, c'est quoi un généalogiste professionnel ? Et c'est quoi, un professionnel du monde de la généalogie ? Et c'est quoi un généalogiste tout court ?

Un généalogiste est quelqu'un qui fait de la généalogie. Tout le monde peut être généalogiste. C'est un loisir pour lui ; un loisir certes dévorant, mais un loisir uniquement. Il ne tire pas sa subsistance de cette activité. Celle-ci provient d'une autre activité : salarié, retraité, libéral, son métier peut être tout sauf généalogiste.

Un professionnel du monde de la généalogie est quelqu'un qui tire sa subsistance de la généalogie et de ses dérivés. Il peut être journaliste (il écrit pour une revue, un journal...), éditeur de logiciels, imprimeur d'arbres, et tout autre métier qui ne peut être sans la généalogie mais qui n'est pas de la généalogie professionnelle.

Un généalogiste professionnel tire sa subsistance de la recherche généalogique pour autrui.  Il fait de la généalogie pour ses clients, à leur demande, suivant leurs désirs. Sans la généalogie, il ne peut pas exister, mais cette généalogie est associée à un client (en fait plusieurs).

Voilà, c'est simple non ?

Pourtant, l'ambiguité demeure. Lorsque la télévision montre un reportage sur la généalogie, il y a bien un distinguo entre généalogiste professionnel et généalogiste, mais uniquement pour les successoraux. Montrez-moi une émission qui parle des généalogistes familiaux.

Vous n'en trouverez pas car les familiaux n'intéressent pas les médias. A chaque émission sur le sujet, ce sont les successoraux, les associations, les mormons et les généalogistes amateurs présentés comme généalogistes.

Est-ce un problème ? Combien de personnes contactent la télévision à la fin d'une telle émission pour avoir les coordonnées du généalogiste, pour qu'il fasse la même chose pour eux ? Ce serait intéressant à savoir.

Dans ce débat entre pro et amateur, que je connais depuis vingt-quatre ans, le pro perd toujours. Il n'a aucune lisibilité dans les médias, il est transparent.

Notez qu'à aucun moment je ne parle de compétence, de savoir-faire, de connaissance. Bien des amateurs peuvent faire la niche à certains professionnels. Il suffit de lire les articles de blogs d'amateurs du challenge AZ. Ceux-là sont des Amateurs avec un grand "A". Ils aiment et vont au bout des choses.

L'article ne parle que de statut fiscal. Car le problème est là. Les généalogistes professionnels sont déclarés comme tels, payent des charges, et parfois des impôts sur leur profession.

Après mûre réflexion, je me suis demandée si c'était vraiment un problème ? Oui......et Non.

Oui, parce que certains malveillants jouent sur cette ambiguïté pour se faire payer des recherches. C'est ce que l'on appelle du travail au noir. Leur client ne sait pas qu'il n'a pas affaire à un professionnel. Il fait travailler un généalogiste. A qui cela cause-t-il du tort si le travail est bien fait ? Aux professionnels bien sur et envore plus si le travail est mal fait. Comme dans tout travail au noir, ce sont les professionnels qui en pâtissent les premiers.

Non, le problème de la transparence de la profession est surtout lié au comportement des professionnels. Ils se cachent, n'osent pas se montrer et surtout, restent cantonnés dans la sphère des amateurs. Logique : souvent, ils viennent de ce cercle et ne savent pas en sortir. Question zone de confort............ Mais nos Clients ne sont pas là.

Nos clients savent faire la différence entre un contrat et une absence de contrat, entre le tarif horaire d'une femme de ménage et le tarif horaire d'une profession libérale. Nos clients ne lisent pas la RFG, ne vont pas sur Filae et Geneanet.

Nos clients vont sur les pages professionnelles pour nous trouver. Ils vont sur nos sites professionnels. Et là commence la galère pour eux, mais c'est un autre débat.

Au final, la mention de généalogiste accolée à une personne qui n'est pas professionnelle, n'est qu'une petite piqûre désagréable, une irritation passagère, mais pas un vrai problème. La presse ou eux-mêmes collent cette appellation comme ils colleraient "numismate","philatéliste" ou "cruciverbiste".

C'était la réflexion du jour.