Nous sommes en décembre 1870 et il est difficile d'obtenir des nouvelles fiables lorsque l'on est un civil (parfois même quand on est un militaire !!!). L'ennemi est dans le Loiret, autant dire aux portes de Blois. Pour les familles dont les fils sont au front, l'angoisse est totale.

Les bruits sont contradictoires, seule certitude, l'armée de la Loire recule.

mlamp1870_g_0001Des nouvelles arrivent, des nouvelles de blessés, de morts et de prisonniers : le comte de Montlaur, blessé et prisonnier, Miron de l'Epinay, blessé, de Flers, blessé et prisonnier, de Brisoult, blessé et prisonnier.... Il s'agit surtout des officiers, mais les nouvelles des mobiles sont rares.

Un jeune homme du pays, chirurgien d'ambulance, fils du docteur Ansaloni de Romorantin, accepte de communiquer au journal, la liste des blessés de la mobile de Loir-et-Cher qu'il a soigné à Patay et Saint-Péravy, depuis le jeudi 1er décembre jusqu'au dimanche 4 au soir. Il donne ce qu'il a : la compagnie, le nom, le prénom et la blessure ... ou la mort.

Le 7 décembre, les lecteurs du Journal du Loir-et-Cher, apprennent ainsi que, au 1er bataillon,  Albin Remy, de la première compagnie, a eu la joue gauche traversée par un éclat d'obus, que Jules Gauthier, de la 5e compagnie, est mort d'une balle qui l'a atteint dans la région du coeur, tandis que François Gaulier, de la 8e compagnie est mort d'une balle en pleine tête. Au deuxième bataillon, le clairon Guillon, de la 2e compagnie, a reçu un éclat d'obus dans le genou droit, le sous-lieutenant Dubois, de la 6e compagnie, a reçu une balle dans le bras gauche avec fracture du radius, Courcelle, de la même compagnie, a succombé à ses blessures provoquées par des éclats d'obus.... et les noms s'égrennent, autant d'espoir ou de chagrin que tout le département va lire en même temps que les familles. La ville de Blois pleure deux de ses enfants, René Bizet et Quentin, tombés au champ d'honneur.

Le docteur Ansaloni a du quitter Patay le dimanche dans la matinée, la ville étant envahie et incendiée par l'ennemi, après avoir fait évacuer les blessés, d'abord sur Saint-Peravy, puis sur Mer et Beaugency. Il a repassé la Loire avec, sur lui, 7 822 francs appartenant au régiment de mobile.

Encore quelques jours, et les Prussiens seront là.