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La généalogie, à priori, est quelque chose de "suranné". Le sujet est dans le passé, la matière est vieille, usée, jaunie par le temps. Il faut de la patience, de la lecture, du temps.

Et pourtant, aujourd'hui, il me semble impossible de dissocier généalogie et technologie.

Cela commence avec les logiciels de généalogie qui remplacent les arbres à remplir à la main, les fiches sosa et les cahiers d'écolier, remplis avec les renseignements trouvés sur nos ancêtres.

Cela continue avec le numérique : les photos numérisées, que nous faisons aux archives, les actes numérisés, accessibles en ligne, les livres numérisés, accessibles en ligne

Et donc, indissociable de la numérisation, internet, où l'on trouve, en outre, les bases de données en ligne, les moteurs de recherche, les généalogies publiées.

Et les réseaux sociaux, qui permettent aux généalogistes d'échanger, même s'ils sont à l'autre bout de la planète. Plus besoin d'attendre un voyage en métropole pour pouvoir faire sa généalogie, pour participer aux discussions, pour rencontrer des cousins.

Si les anciens généalogistes travaillaient avec un crayon et un papier, aujourd'hui, nous serions perdus sans toute cette technologie qui nous entoure.

Malgré tout, sans le papier, il n'y aurait pas de généalogie possible.

Alors, la technologie tue-t-elle le papier ou bien lui permet-elle de vivre plus longtemps ?

Certainement. Il suffit de voir l'état des registres paroissiaux, manipulés pendant des années sans précaution par des nuées de généalogistes prédateurs. S'il n'y avait pas eu d'abord les microfilms puis la numérisation, nous ne pourrions plus les consulter. Ils sont pratiquement tous ornés de la fatale pastille rouge.

Pourtant, quel plaisir de rechercher dans un registre papier. Un plaisir qui disparaît avec le temps. Les généalogistes du futur ne manipuleront jamais de documents originaux. Ils n'auront qu'à consulter leur version numérique qui sera indexée.

La question que je me pose aujourd'hui est : la technologie va-t-elle nous priver du plaisir de la recherche.

Nous nous qualifions de chasseurs d'ancêtres et tout chasseur qui se respecte vous parlera du plaisir de la traque puis de la découverte. Si tout est indexé, où sera le plaisir ? Où sera la traque ? Où sera la découverte ?

Cela veut-il dire que je suis contre l'indexation ? Non. Je suis pour une indexation raisonnée.

Je suis pour l'indexation de ce que l'on ne pourrait pas trouver, même avec des années devant nous. Je suis contre l'indexation de ce qui est facile à trouver avec un minimum de recherche.

Paradoxe ? je suis pour et contre l'indexation des recensements. Je suis contre l'indexation des recensements des petites communes, qui ne demande qu'un peu de temps pour être lus. Je suis pour l'indexation des grandes villes, où pour trouver une personne, il faut passer des jours sur un seul recensement, avec le risque de passer à côté, par fatigue visuelle.

Je suis contre l'indexation de l'état civil et pourtant, hypocritement, je m'en sers sur Filae pour gagner du temps dans mes recherches.

Vous voyez, ce n'est pas simple de trancher.

Etre pour ou contre, ce n'est plus le débat. Le débat est plutôt quoi et comment.