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Le business des enfants placés pouvait être très lucratif. L'administration n'était pas très regardante, au XIXe siècle, sur les familles nourricières. Les bébés mourraient dans les jours, voire les semaines qui suivaient leur arrivée dans la famille, et ils étaient immédiatement remplacés par d'autres.

Les émoluments étaient réglés par trimestre et si l'enfant mourrait au début du trimestre et était remplacé par un autre enfant dont le trimestre était payé immédiatement, c'était tout bénéfice pour la famille d'accueil. Horrible non ?

Mais ils ne mourraient pas tous et, plus il y avait d'enfants, plus il y avait d'argent qui rentrait.

A Sasnières, j'ai trouvé une famille d'accueil qui en avait vraiment beaucoup. Au recensement de 1851, Benjamin Boiron et sa femme, tous les deux journaliers, en plus de leurs quatre enfants, accueillaient sept enfants trouvés, placés par l'hospice.

Leur âge allait de sept mois à douze ans. Douze ans, c'était l'âge limite pour les familles nourricières. A partir de douze ans, les enfants étaient placés dans les fermes, à la campagne. Sur les sept, je sais qu'au moins deux ont atteint l'âge adulte. Restés dans la commune ou proche, ils se sont mariés et ont fait souche. Soit ils étaient très solides, soit cette famille n'était pas si mal que cela.

Entre 1843 et 1852, quatre familles étaient familles nourricières et, durant cette période, onze enfants placés en nourrice par les hospices, sont décédés dans la commune. Les Boiron en ont perdu trois.