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Des lignes rouges (ou vertes ou bleues ou...) il en existe partout. Ce sont des frontières fictives qu'il vaut mieux ne pas traverser si l'on veut éviter les ennuis, dans le cas de certaines professions.

En généalogie familiale, il y a une ligne rouge. Celle qui sépare le monde des professionnels du monde des amateurs. Problème, où est-elle ? Comment l'identifier ? Que va-t-il se passer si on la franchit ?

Difficile de répondre avec précision à ces questions parce que cette ligne rouge est fluctuante. Elle se met là où chacun d'entre nous veut bien la mettre.

Certains cercles généalogiques l'ont clairement identifiée : c'est l'adhésion. Un professionnel ne peut pas adhérer à leur cercle. Là, c'est facile de ne pas franchir la ligne rouge, sauf à mentir par omission à l'inscription.

Mais dans la grande majorité des cas, c'est compliqué, d'autant plus compliqué que tous les généalogistes professionnels ont d'abord été des généalogistes amateurs et qu'ils ont tissé des liens dans ce milieu. D'autant plus compliqué que beaucoup de généalogistes professionnels ont été très impliqués dans le monde des généalogistes amateurs avant de se lancer dans le métier. Ils ont été membres actifs voire même administrateurs de cercles généalogiques, ils ont participé aux salons en représentant ces cercles, ils ont dépouillé des registres d'état civil et paroissiaux.

Mettre une barrière entre "ce qui a été" et "ce qui est" est encore plus compliqué pour eux. Pourquoi ? Parce que l'on passe d'un don de soi gratuit (don de son temps, don de son expérience, don de son travail) au fait que l'on ne peut plus travailler gratuitement.

Vous voyez, la ligne rouge n'est pas si nette que cela et elle est très fluctuante. A chacun de définir où elle se trouve dans son cas.

Pour moi, c'était facile. Je n'avais jamais adhéré à aucun cercle généalogique et j'ai continué pendant longtemps. Je participais aux salons de généalogie en tant que professionnelle, sans équivoque. Par contre, puisque les salons étaient gratuits (organisés par les cercles généalogiques), tous les conseils que je pouvais donner étaient gratuits et sans limite. Et puis j'ai adhéré à un, puis deux et au final trois cercles généalogiques. D'abord par affinité avec ces cercles dont je "fréquentais" les membres à chaque salon. Mais j'ai continué à y appliquer mes règles : ne jamais utiliser le chat ou forum ou revue ou autre pour poser des questions sur les familles que j'étudie. Pour deux de ces cercles, ils savent que je suis professionnelle et cela ne les perturbe pas puisque j'interviens en "conférence" chez l'un d'eux. Pour le troisième, j'y suis en tant que privé. Ce n'est pas ma zone de travail, mais c'est celle de ma famille. Mais oui, j'ai hésité pendant longtemps à adhérer à un cercle parce que, pour moi, si l'on adhère à une association, c'est autant pour prendre que pour donner. Alors je donne quand je peux, en signalant les erreurs de leur base de données.

Et c'est là le problème lorsque l'on est professionnel : que peut-on donner et jusqu'à quel point sans se tirer une balle dans le pied ?

Cette réflexion ne m'est pas venue comme ça, en me levant ce matin, mais suite à Geneatech et l'indexation. Si j'adhère à généatech, c'est pour participer dans la mesure de mes moyens, mais pas pour "pomper" en parasite.

L'indexation, c'est à la fois une bonne et une mauvaise chose (de mon point de vue). Tout dépend de ce que l'on indexe.

Indexer l'état civil ou les recensements en ligne ou d'autres types d'actes. Non, pour tout un tas de raison dont la première est : c'est mon gagne-pain. Je sais que cela va l'être et l'est même déjà dans certains départements, dont le mien, mais je ne suis pas obligée de participer à ce qui risque de tuer mon métier.

Indexer les morts pour la France de mémoire des hommes  : oui, car c'est utile pour moi sans rien me retirer professionnellement parlant. Au contraire, c'est un outil de poids de plus.

Vous voyez, ce n'est pas si simple de déterminer où je place cette ligne rouge.

En fait, il me semble plus logique d'indexer des documents généraux que personne n'a le temps de regarder plutôt que d'indexer des documents que l'on sait exister et où trouver.

Dans le premier cas, cela peut réellement apporter à tous, alors que dans le second cas, l'importance de l'indexation est limitée.

Dans le premier cas, je peux participer sans mauvaise conscience, dans le second cas, je me tire une balle dans le pied.

Ok, mais quoi ? J'ai ma petite idée sur le sujet............. je vais la creuser et la proposer.......... on verra bien.

Et vous, votre ligne rouge, elle est où ?