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Je décale d'une journée la suite de "construire une biographie" parce qu'aujourd'hui, c'est la journée de la femme. Ce serait dommage de poster ce message un autre jour et priver ainsi les hommes d'une de leurs journées !!

Par contre, je ne parlerai pas des femmes de ma généalogie, car ce thème, je le garde pour la fête des mères.

Je vais donc jouer sur les mots et parler de femmes de ma vi.....lle. Et pas de n'importe quelles femmes de ma ville, mais de femmes qui ont, de tout temps, été mises à l'écart de la société ............. non, pas des prostituées. Je vais vous parler des femmes de bourreaux.

Il n'est nul besoin de grandes explications pour comprendre pourquoi elles sont mises à l'écart, redoutées et craintes. Le bourreaux, c'est celui qui a le droit de tuer en toute impunité. Il a du sang sur les mains et par ricoché, sa femme aussi. On évite bien sur de penser qu'il tue sur ordre, et sur ordre de la justice, qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Les biens pensants réclament la peine de mort mais ne veulent pas savoir comment, ni par qui leur justice va être appliquée.

Les bourreaux sont aussi détestés, surtout sous l'ancien régime, car, pour les payer, ils ont le droit de havage. Et plus la main du bourreau est grande, plus le havage coûte cher. Qui aime le collecteur d'impôt ?

Pour toutes ces raisons, les bourreaux ne vont pouvoir épouser que des filles de bourreaux. Les enfants de bourreau ne pourront épouser que des enfants de bourreaux et ils ne pourront exercer qu'un seul métier............. celui de bourreau. Cela va créer des dynasties de bourreaux et une charge "héréditaire".

Quel rapport avec les femmes de ma ville ? Tout simplement parce que, de 1667 à 1761, la charge va se transmettre par les femmes, par les Elisabeth.

Première famille de bourreaux qui va "pratiquer" à Blois, de 1619 à 1667, les Robert vont bien se transmettre la charge de père en fils puis en frère, mais, bien qu'il y ait des hommes dans la famille, à la mort de Louis Robert, deux ans après celle de son frère Jehan, c'est le gendre de ce dernier qui prend le relais.

Nicolas Henault, époux d'Elisabeth Robert, devient exécuteur de la haute justice de Blois. A sa mort, en 1698, c'est son gendre, Jean Berger, époux d'Elisabeth Hénault, qui reprend le flambeau.

Je vous laisse deviner la suite................. Elisabeth Berger, sa fille, va épouser d'abord Jean Delarousse, puis François Trémon, qui vont être, chacun leur tour, l'exécuteur de la haute justice de Blois.

A chaque génération, il y a pourtant des fils, qui servent comme aide bourreau auprès de leur père, mais ils ne restent pas à Blois et partent exercer une charge de bourreau ailleurs.

La transmission par les Elisabeth s'arrête à Elisabeth Berger qui décède sans descendance. Mais la transmission continue par une femme. Le bourreau suivant, Joseph Doublot, est le neveu de la troisième femme de François Tremon.

La révolution arrive et c'est un Sansom, frère de Monsieur de Paris et de Monsieur de Tours, qui va exercer durant cette période agitée.............................. fils d'une Berger !!!!

La révolution achevée, les bourreaux sont désormais des fonctionnaires et pourtant, celui qui succède à Nicolas Charles Gabriel Samson,Charles Louis Ferey, n'est autre que le gendre de Joseph Doublot (encore un gendre, encore une fille). Mais cela va s'arrêter là.

De 1667 à 1761, par les Elisabeth, et de 1667 à 1826, par les filles, la charge d'exécuteur de la haute justice de Blois puis du département va se transmettre, d'homme en homme.

Derrière chaque grand homme, il y a une femme.............. c'est encore plus vrai ici.