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J'ai régulièrement, au téléphone, des personnes souhaitant se renseigner sur la profession de généalogiste, et je dois à chaque fois remettre quelques pendules à l'heure, tordre le cou à des rumeurs et écrabouiller quelques légendes urbaines généalogiques.

Ces idées fausses n'ont pas germé toutes seules dans le cerveau de mes interlocuteurs. Non, elles sont écrites noir sur blanc sur des sites de généalogistes professionnels et, à ma grande surprise, sur des sites de syndicats.

Je rappellerai donc que la profession de généalogiste n'est pas réglementée. Vous pouvez le devenir en moins de cinq minutes. Il vous suffit de vous connecter au site de l'URSSAF de votre département et de vous déclarer en ligne.

Aucun diplôme, aucune adhésion à un syndicat, ne vous seront demandés.

Évidemment, si vous n'avez pas les compétences requises, vous ne tiendrez pas longtemps, mais c'est un autre débat.

Vous pouvez pratiquer le tarif que vous voulez, travailler comme vous voulez, sur le département, la région, le pays que vous voulez sans avoir de compte à rendre à personne : les généalogistes professionnels NE SONT PAS RÉGLEMENTÉS.

Évidemment, c'est un métier à part entière avec ses compétences minimum requises, sa gestion d'entreprise, ses obligations fiscales et sociales, mais le débat d'aujourd'hui n'est pas là.

L'adhésion à un syndicat n'est pas obligatoire. Un ouvrier est-il obligé d'adhérer à un syndicat ? Non, et bien nous non plus.

Et que représentent les syndicats ? Au dernier comptage, Sygene comprend 14 généalogistes familiaux dont un anglais et six cumulant les deux activités (familiale et successorale), sur 46 membres. La CPG comprend 11 généalogistes familiaux dont trois cumulent les deux activités sur 33 membres. Ce sont les syndicats adhérents de l'union des généalogistes de France qui ont des familiaux comme adhérent.  Sur leur site, ils prétendent représenter 95% des professionnels. Ils devraient préciser successoraux car ils n'ont que 25 familiaux chez eux.

Sur l'annuaire des généalogies professionnels, vérifiés par leur numéro de SIRET, il y a 95 familiaux de répertoriés et tous les familiaux ne sont pas encore dans l'annuaire mais même là, on est loin des 95% prétendus de membres des "généalogistes de France".

Autant dire moins de 26% des familiaux sont membres de cette union.

On peut rajouter le syndicat Alliance syndicale des professionnels de généalogie qui n'a que 4 familiaux. On est loin d'une bonne représentativité de la profession.

Autre chose vue sur certains sites : signataire de la charte des généalogistes de France avec l'ambiguité que cela apporte. Cela veut dire signataire de la charte de l'union des syndicats et non signataire de la charte de tous les généalogistes de France. Cette dernière charte n'existe pas. Chaque syndicat a sa charte, chaque réseau à sa charte.

Autre légende : il faut adhérer à un syndicat pour avoir une carte professionnelle et avoir le droit d'exercer. J'ai déjà expliqué plus haut que NON.

Légende suivante : il faut avoir une carte professionnelle (et donc adhérer à un syndicat) pour pouvoir consulter l'état civil de moins de soixante-quinze ans : FAUX.

Pour pouvoir consulter l'état civil de moins de soixante-quinze ans, il faut justifier, auprès du SIAF (Service Interministériel des Archives de France) de son état de professionnel (numéro de SIRET, inscription URSSAF, pièce d'identié). Évidemment, avec une carte professionnelle, cela va un peu plus vite..............Et encore !!!

La preuve ? Plus de 70% des familiaux exercent hors syndicat ................. et consultent l'état civil de moins de soixante-quinze ans.

Vous l'aurez compris, le sujet m'exaspère au plus haut point............... mais il fallait bien que j'en parle.

C'est fait.