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Auguste Hippolyte Boiton était maçon à Selles-Saint-Denis, Loir-et-Cher, et travaillait pour Dahon, entrepreneur en maçonnerie à Salbris, lorsque, le 12 octobre 1910, il est victime d'un accident du travail : fracture de la voûte crânienne et luxation de l'épaule gauche.

Son patron est assuré à la compagnie d'assurance "la mutuelle générale française" et celle-ci, suivant l'ordonnance du tribunal du 30 juin 1911, doit verser un indemnité de 766.66 francs à la victime, basée sur son salaire au moment de l'accident de 1150 francs et une incapacité permanente absolue.

Mais, le 27 juin 1914, la compagnie demande une révision de cette pension, soutenant qu'Auguste Boiton a repris un travail. Il gagne 80 francs par an comme porteur de dépêches.

Évidemment, on demande une expertise médicale. C'est le docteur Desbordes, de Romorantin, qui s'y colle et qui confirme l'incapacité totale d'Auguste. Le maire de Selles-Saint-Denis confirme bien qu'Auguste est titulaire du service de porteur de dépêches, mais c'est sa femme et son fils aîné qui font le travail. Et à la suite de cela, la charge lui en a d'ailleur été retirée.

La mairie lui avait accordé cette fonction pour lui venir en aide, d'une manière "délicate" car Auguste a une famille nombreuse (cinq enfants en bas âge). La charge est donnée officiellement à sa femme, puisque c'est déjà elle qui assure ce travail.

La compagnie d'assurance est déboutée par le tribunal de Romoratin et condamnée aux dépens.