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Drôle de nom pour un attentat, mais c'est l'impression que j'ai eu en lisant le rapport de gendarmerie, celui d'une patate chaude que l'on s'empresse de refiler au voisin.

Lorsqu'arrive à la gare de Vendôme, le 5 avril 1923, à 23 heures 50, l'express 141 Paris-Nantes, sont chef de train informe le chef de gare que le convoyeur des postes a été attaqué par trois hommes masqués, entre Cloyes et Saint-Jean-Froidmentel. Il a fait stopper le train au kilomètre 148, puis remis le train en marche après s'être rendu compte que personne n'avait réussi à entrer dans le wagon de poste et qu'aucun vol n'avait été commis

Comme la tentative de vol a eu lieu sur le territoire de Cloyes, le chef de gare prévient la brigade de Cloyes qui s'est rendu sur les lieux. Les chefs de gare de Saint-Jean-Froidmentel, Fréteval et Pezou ont refusé de se mêler de l'histoire, puisque le train ne s'arrête pas dans leur gare et qu'il n'y a pas de service de nuit. Ce n'est pas leur problème. Néanmoins, vers 7 heures, le chef de gare de Pezou en informe la gendarmerie de Pezou qui informe le commandant d'arrondissement qui après renseignement auprès de la gare de Vendôme prévient la brigade de l'arrondissement et se déplace sur les lieux............ ouf !!! La patate chaude a trouvé son destinataire.

Aucune trace n'est trouvée sur les lieux ni à dix kilomètres alentour donc, les auteurs de l'attentat sont restés dans le train (qui depuis est arrivé en gare de Vendôme puis a continué sa route vers Nantes).

Les gendarmes font avec ce qu'ils ont sous la main, et interrogent ceux qui sont descendus en gare de Vendôme.

Il s'avère que cinq matelots en état d'ébriété, portant sur leur béret l'inscription "apprenti mécanicien", sont monté dans le train à Paris-Orsay. Pendant tout le trajet, ils ont provoqué du désordre, insultant les voyageurs, cassant des vitres et des ampoules électriques, et circulant dans les couloirs de tous les wagons. Trois d'entre eux avaient rabattu leur béret de telle sorte qu'on ne voyait pas une partie de leur visage.

Juste avant que le train ne soit stoppé, ils ont été vu remontant le wagon juste derrière celui du convoyeur postal. Leur signalement correspond à celui donné par ce dernier de ses agresseurs. Il semble donc plutôt que ces trois matelots, ivres, se promenant dans les wagons, ont voulu entrer dans celui du convoyeur postal. Voyant des hommes au visage en partie masqué, celui-ci a cru à un attentat contre son wagon et tiré le signal d'alarme.

Les apprentis mécaniciens appartiennent à l'école de Lorient. Pas de doute qu'ils vont être interrogés et sévèrement sanctionnés pour leur conduite.