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Tout est dans le titre. Qui n'a jamais eu affaire à l'acte manquant ne peut pas comprendre l'intense frustration qui saisit le chercheur au moment de toucher le saint Graal ............. disparu.

Mais que sont ces actes manquants ?

Il y a d'abord, l'acte manquant taquin : vous en avez trouvez mention dans une généalogie ou un dépouillement de cercle et là, face à votre écran d'archives en ligne, vous ne le trouvez pas. Mais visiblement (ou pas), ces archives posent problème : elles sont en désordre !!! Mais même si ce n'est pas le cas, pour en être certain, vous allez devoir regarder toutes les vues, les unes après les autres.......... les six cent et quelques vues pour trouver ... perdue au milieu des actes de baptême de 1750, la feuille d'inhumation de 1630 qu'un numérisateur facétieux ou un relieur au sens de l'humour très perverti, ont inséré au mauvais endroit.

Il y a ensuite, le petit cousin du précédent. L'acte manquant dans la collection numérisée mais présent dans l'autre collection, celle qui a été dépouillée ou vue par le généalogiste qui vous a précédé dans la recherche. Et oui, les archives ne sont pas égales entre les AD et les mairies. Certaines collections sont plus complètes que les autres et ..... évidemment ..... ce que vous cherchez est dans l'autre collection. Il va falloir vous déplacer.

Il y a l'acte manquant volé. Vous avez la date du contrat de mariage de l'arrière-grand-père, vous avez l'inventaire du notaire sous le nez : la liasse est là, cote 3E 45/4785 et une fois devant vous, il faut vous rendre à l'évidence : quelqu'un est passé par là avant vous.

Pas d'erreur de lecture de votre part, l'ACP vous le confirme : le contrat de mariage a bien été rédigé par maître Truc à Trifouilli les oies le 3 août 1876 mais dans la liasse, rien. Et en regardant de plus près, les actes étant numérotés, vous vous rendez compte qu'il manque le numéro 4 (entre le 1 et le 4 août) et le numéro 17 et le numéro 40 (peut-être des actes de votre famille aussi si le voleur est un de vos cousins !!!). A ce stade, la frustration est intense, d'autant plus intense que le coupable est forcément un membre de votre famille !!! Mais lequel ? Le grand-père chercheur dans les années 20, le cousin d'amérique passé le siècle dernier ? La grand-tante Adèle et ses secrets de famille ? Les noms d'oiseaux peuvent fuser dans votre esprit, ils ont une cible.

Et puis il y a les actes manquants encore plus frustrants que les précédents (si si, c'est possible) : les non communicables. Un archiviste zélé (trop ?) ou tout simplement compétent (trop ? jamais) a décidé que le document qui vous intéresse ne peut plus être communiqué. Il est trop abîmé, détérioré, champignonné, altéré, humidifié, moisi, colmaté...... pour être consulté. Et là, la frustration est totale. Quelque part, dans le bâtiment où vous vous trouvez, il est là, sur une étagère, dans une boîte marquée de l'infame pastille rouge, dans l'attente d'une restauration trop onéreuse ou d'une numérisation non prioritaire. Autant dire, faites-en votre deuil.

Et en dernier, ceux qui vont vous achever le moral, ceux qui vous font maudire les guerres, les décrets d'archives antérieurs, les incendies, les fuites d'eau, les tremblements de terre et autres catastrophes plus ou moins naturelles. Il y a les actes détruits, détruits par accident (ou fait de guerre ou ....). Et il y a les autres, détruits par les archives de leur temps, car estimés sans intérêt et qui n'ont gardé qu'un ou deux exemples pour l'histoire. Vous voulez le dossier de pupille de la nation de votre grand-père, son nom commence par un R et on n'a gardé que les lettres B et T.

Avec eux, on peut joindre les actes égarés au cours des siècles, comme ce notaire fantôme dont personne n'a jamais trouvé les archives. Quoique là, on peut toujours espérer les retrouver un jour sur une brocante.

C'est bon, je vous est pourrie la journée !!!! Bienvenue dans mon monde.