gendarmerie

On trouve vraiment des documents très divers et variés dans les archives départementales.

C'est le cas des tableaux sommaires de la gendarmerie. Ils regroupent les arrestations opérées, les crimes, délits et évènements constatés chaque semaine. En voici un exemple.

Entre le 19 et le 23 décembre 1877, les compagnies de gendarmerie de Loir-et-Cher, 6e légion ont été bien occupées :

Le 19, la compagnie de gendarmerie de Saint-Aignan arrête Isidore Désiré Lerebourg, trente ans, natif de Saint-Lambert, dans le Calvados, et Charles Thélin, trente-deux ans, natif de Mexe en Suisse, pour vagabondage. Ils sont terrassiers. Ils sont écroués à la maison d’arrêt de Blois.

Le même jour, plusieurs vols sont commis sur les territoires de Contres et Blois. La compagnie de gendarmerie de Contres a relevé un vol de 23 décalitres de grains et 5 décalitres de pommes de terre au préjudice de Pierre Gallou, fermier à Cheverny et un vol de trois draps, trois chemises et un hectolitre de farine au préjudice d’Auguste Charbonnier, cultivateur à Chemery. L’auteur est inconnu. La brigade de Blois intervient sur le vol d’une somme de quarante francs au sieur Adrien Thomas, marchand de chiffons à Fossé, auteur inconnu.

Toujours le 19, déciment un jour chargé, la compagnie de Saint-Amand intervient dans une rixe survenue à Huisseau-en-Beauce, entre Joséphine Leclerc, quarante-cinq ans et Constance Blineau, soixante-cinq ans, toutes les deux journalières dans la commune.

Le 20, la compagnie de gendarmerie de Saint-Aignan arrête Louis Viou, dix-huit ans, domestique natif de Soings, en flagrant délit de vol. Il est écroué à la maison d’arrêt de Blois. Il est accusé d’avoir volé deux cent francs à Martin Couette Cuisinier, propriétaire à Noyer, son patron.

Le même jour, la compagnie de Savigny intervient chez Auguste Pichot, trente-sept ans, fermier à Savigny. Un chien inconnu a tué six moutons, dégâts estimés à cent francs.

Toujours le 20, la compagnie de Blois intercepte un cheval emporté attelé à une voiture appartenant à Arthur Lemoine, boucher à Blois, qui parcourrait les rues de la ville et la compagnie de Montoire intervient sur un délit de chasse à tir faute de permis par Victor Auguste Lucas, vingt-deux ans, vigneron à Lavardin.

Le 21, la compagnie de Mondoubleau intervient sur un vol de trois draps de lit commis au préjudice de François Jouanneau, soixante ans, cultivateur à Baillou, commis par Louise Viviet veuve Daudin, cinquante ans, journalière au même lieu.

Le 22, la compagnie de Mer intervient sur un vol de bois appartenant à Octave Daudin, trente-trois ans, charpentier à Avaray, par Edouard Cosson, vingt-trois ans, scieur de long à Séris et la compagnie de Vendôme intervient sur le vol de soixante-cinq francs au sieur Jacques Fouquet, vigneron à Macilly. Ils soupçonnent un certain Cazron, terrassier sans domicile fixe.

Toujours le 22, la compagnie de Pezou intervient sur le vol de plusieurs objets au sieur Louis Rocher, soixante-trois ans, épicier à Morée. Il soupçonne Auguste Xavier Jeanne, tonnelier de quatorze ans, au même lieu.

Le même jour, la compagnie de Saint-Aignan intervient sur un vol de deux cent litres de vin à Silvain Brillault, vigneron à Meusne, auteur inconnu.

Le 23, la compagnie d’Herbault intervient sur la mutilation de trois ceps de vigne et d’un poirier au préjudice de Clément Créquine, agent voyer à Herbault et la compagnie de Montoire intervient sur un délit de chasse à tir faute de permis commis par Hippolyte Poussin, vingt-sept ans, cultivateur à Tenay.

Le même jour, la compagnie de Mer intervient sur le suicide de Louis Brisset, cinquante-deux ans, cordonnier à Mer. Il est jeté sur le pavé d’une hauteur de dix mètres.

Toujours le 23, la compagnie d’Ouzouer le marché intervient sur le vol d’une couverture, au sieur Charles Joufroy, employé de commerce à Orléans, auteur inconnu et le vol d’un Limousin de trente francs au sieur Prudent Maigret, marchand de vin à Ouzouer le marché, auteur également inconnu pendant que la compagnie de gendarmerie de Mer arrête Louis Villain, cinquante-sept ans, natif de Villefranche-sur-Cher, menuisier, pour rupture de ban. Il et écroué à la maison d’arrêt de Blois.

En plus les gendarmes des compagnies de gendarmerie du Loir-et-Cher, ont dressé deux contraventions de simple police, neuf à la police du roulage et un aux arrêtés divers, soit douze contraventions et dans les faits divers, soixante recherches infructueuses, onze nouveaux renseignements et huit de toutes natures.

En outre, les factures pour le ramonage des cheminées des casernes ont été envoyées.

 

PS : la photo vient de la couverture du livre "Gendarmerie, état et société au XIXe siècle" sous la direction de Jean Noël Luc ... je crois que je vais me laisser tenter.