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J'ouvre la fenêtre du 9 décembre et je tombe sur un outrage au drapeau.

Les esprits s'échauffent dans les environs de Montoire. Alors qu'il revient d'avoir témoigné à Vendôme, le maréchal des logis à cheval Ernest Herrmann, commandant la brigade de Montoire, est littéralement assailli par le maire de Montoire, sur le quai de la gare. Il doit se rendre sur le champ aux Roches pour y confronter les témoignages et faire condamné le sieur Felix Dumans sur l'outrage au drapeau national commis dans cette commune.

Le gendarme cède, mais uniquement pour conserver de bonnes relations avec le maire parce qu'en fait, tout cela, ce n'est rien qu'une tempête dans un verre d'eau. Sauf que la politique s'en est mêlé et qu'un article est paru dans le journal "le carillon", montant tout cela en mayonnaise. Le maire de Montoire le dit, "il faut une condamnation, même si ce n'est qu'une amende d'un franc, sinon nous ferons justice nous-même et il y aura des victimes".

Les gendarmes vont donc aller aux Roches, interroger les témoins qui vraiment, ne comprennent pas un tel acharnement de la justice contre eux !!! Ce n'est pas cela qui va arranger les rapports entre la population et les gendarmes !!!

Tout ça pour quoi au fait ?

Le 25 décembre 1890, les conscrits de la commune des Roches, se sont promenés dans le bourg avec un drapeau qu'ils avaient acheté par cotisation. Après avoir, dans l'après-midi, visité plusieurs débits de boisson (visité !!! quel joli mot), une partie des conscrits, munie du drapeau, est allé dans l'auberge du sieur Adrien Poteloin. Les autres conscrits, faisant parti d'une autre fraction (fraction politique, bien sûr), ne voulurent pas y entrer. Celui qui portait le drapeau, Arsène Trotereau, en ayant payé le plus grande partie, refusa de le laisser aux autres et une bousculade commença. Le patron de l'auberge appela Felix Dumans à la rescousse pour faire sortir tout le monde. Arsène tenait le drapeau d'un bout, les autres conscrits de l'autre et la hampe tenue à chaque extrémité se cassa, sûrement contre la porte du débit de boisson et la flèche en cuivre qui ne tenait que par quelques clous, tomba.

Ce fut tout, malgré ce que prétend le journal "le carillon" qui, dans son article, raconte que le drapeau fut lacéré et foulé aux pieds, provoquant une grande émotion dans la commune. Il est également écrit qu'un "agent politique", le nommé Dumans, notoirement connu comme réactionnaire, serait intervenu dans la bagarre. L'article est évidemment anonyme.

Sur les lieux, rien de tout cela : Alexis Poteloin n'a rien vu de tel et pour preuve, l'objet du drame, le drapeau, ne porte ni lacération, ni piétinement, aucune empreinte de chaussure ou de clou. La hampe est bien cassée, mais sans éclat et présente une cassure en deux parties irrégulières et d'égale surface, preuve que le choc contre l'angle d'un mur ou d'une porte en est la seule cause.

Pour ce qui est de l'émotion ressentie par les habitants des Roches, elles est surtout due aux interrogatoires qu'ils ont dû subir de la gendarmerie.

Ah !!! l'esprit de Noël, quand la politique s'en mêle !!!!