Combien d'entre nous ont un jour, en faisant du vélo, lâché le guidon pour rouler "sans les mains" voire même "sans les pieds" ?

Dans le cas de la généalogie, je dirais que "sans les mains" peut s'apparenter à "sans l'état civil".

J'aime bien me lancer des petits défis à moi-même de temps en temps, histoire de ne pas m'endormir dans une routine établie de recherche et tester mes limites tout en testant les limites des archives. Cette fois, j'ai décidé de vous en faire profiter.

Tous les jours, je consulterai un document "non état civil" pour reconstituer la généalogie d'un personnage (que je ne connais pas) et je verrai jusqu'où je peux aller dans la construction de son arbre. Enfin, tous les jours !! je ferai des pauses de temps en temps pour un autre sujet.

Centenaire de la grande guerre oblige, j'ai choisi un poilu mort pour la France avec comme point de départ, sa fiche de mémoire des hommes. Ce sera Georges Louis Edmond Adam, tué à l'ennemi le 27 septembre 1915 à "la fille morte" (cela ne s'invente pas), dans la Meuse.

Donc point de départ déjà copieux, la fiche MDH.

Son exploitation me donne déjà de précieux renseignements :

  • date et lieu de naissance : 12 septembre 1877 à Saint-Ouen, Loir-et-Cher
  • date et lieu de décès : 27 septembre 1915 à la Fille-Morte, Meuse
  • feuillet matricule : numéro 1897 au recrutement de Blois, Loir-et-Cher, classe 1897
  • soldat 2e classe au 82e régiment d'infanterie, matricule 2837
  • acte de décès transcrit le 19 décembre 1915 à Danzé, Loir-et-Cher

Chouette, j'ai déjà trois types de documents hors état civil à consulter, mais ce sera pour les prochains jours. Déjà, aujourd'hui, je vais localiser la commune de décès car la Fille-Morte n'est pas une commune mais un lieu-dit.

La France à la loupe m'indique comme seul lieu-dit de la Meuse portant ce nom celui rattaché à la commune de Lachalade.

Une vérification s'impose dans le journal de marche du régiment, car les lieux-dits sont particulièrement "frustrants" en généalogie et il vaut mieux avoir plusieurs sources pour s'en assurer.

La lecture du journal, page 57, indique que les bombardements de la Fille-Morte, du plateau des Courtes-Chausses et du vallon du Triage ont commencé à huit heures du matin avec des obus de tous calibres (77 à 210) et un certain nombre lacrymogènes. Cela va durer deux jours au cours desquels il va y avoir chez les officiers, deux tués, quatre blessés et deux disparus, et parmi la troupe, quatre-vingt-sept tués (dont Georges), deux cent quatre blessés et deux cent quatorze disparus.

Après vérification, les trois lieux-dits cités sont bien situés sur la commune de Lachalade.

La suite demain.

Lachalade - la fille mort