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A priori, Catherine Gachet était une simple domestique lorsqu'elle décède, le 6 février 1848 à Vallières les Grandes, Loir-et-Cher, âgée de trente-cinq ans. Elle est pourtant à l'origine d'un énorme scandale qui a eu des retentissements au niveau de l'évêché et de la préfecture par sa simple mort.

Catherine Gachet, célibataire, fille de Claude Gachet et Françoise Perdriau, est domestique chez Louis Laurent Fredureau de Villedrouin.

Elle décède chez son employeur, à deux heures du matin. Le jour même, à huit heures, son médecin, Ferdinand Faneau, et un parent de son patron, Frédéric Lapatrière, garde général des eaux et forêts, déclarent son décès à André Loteau, maire de la commune.

Et c'est là que tout dérape............... le curé de la paroisse refuse de lui accorder une sépulture ecclésiastique au prétexte de sa conduite. Le contraire aurait, selon le curé, provoqué un scandale chez les paroissiens. Le curé va même plus loin puisqu'il interdit au sonneur de cloches de faire sonner celles-ci au moment de l'enterrement. Le maire a beau insister, le curé n'en démord pas et s'absente du lieu pour aller auprès d'un de ses paroissiens mourant.

En son absence, le 7 février, le maire convoque les membres du conseil municipal pour qu'ils assistent aux obsèques (deux seulement viendront). Le maire continue en obligeant la femme du sonneur à se rendre à l'église et à sonner pour la sépulture. Accompagné de monsieur Brice, avec menaces de représailles et en vertu de son autorité de maire, il l'oblige à sonner la petite cloche réservée aux femmes et à sonner longtemps. Dès leur départ, elle a cessé mais a du recommencer, ces messieurs étant revenus immédiatement.

Et cela ne s'arrête pas là. Arrivé au cimetière, le maire bénit lui-même la fosse avec de l'eau bénite provenant d'une maison du bourg, avant et après la déposition du corps dans la fosse et pas n'importe quelle fosse. Celle-ci est creusée dans le milieu du cimetière, le plus bel endroit et le plus distingué, auprès de la croix. Alors que le fossoyeur indique au maire que la fosse devrait être alignée sur les autres, il refuse, il veut que ce soit là et pas ailleur. L'inhumation finie, le maire a dit quelques paroles sur la conduite édifiante de la défunte et ils sont tous repartis.

Bien évidemment le curé se plaint à son évêque qui se plaint à son tour au prefet et proteste d'un abus d'autorité de la part du maire.

Que le maire et le curé soient en conflit, c'est possible, mais une telle mise en terre montre un profond attachement du maire à cette femme que le curé rejette. Qui était-elle ?

Qui était-elle pour que le maire remue ciel et terre pour lui faire un enterrement plus que décent, une tombe la mieux placée possible et lui donner les hommages de la population en convoquant le conseil municipal ? Le sieur Brice lui-même voulait que l'on sonne la grande cloche et pas la simple cloche des femmes.

Et qu'a-t-elle fait pour que le curé lui refuse une enterrement chrétien ?

Une chose est sure, elle était plus qu'une simple domestique, au moins pour ces hommes.