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Alors que je triais un lot de cartes postales typées 14-18, deux cartes m'ont interpellées.

La première représente une grosse pièce d'artillerie prise aux allemands à Tahure. Elle date du 29 décembre 1916.

La seconde représente le monument aux morts de Sainte Menehould à la mémoire des glorieux héros. Elle date du 20 mars 1918.

La première contient l'adresse du soldat qui l'écrit : Jean SIVARD, 225e infanterie, secteur postal 105. La seconde est simplement signée Jean. Mais des Jean qui ont fait 14-18, il y en a beaucoup. Sauf que ces deux Jean-là, commencent et finissent leur carte de la même manière et avec les mêmes fautes : Cher soeur, je t'écris ses deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour le moment....................... pour le moment, je termine ma lettre en tembrassent bien fort.

Même si l'écriture est légèrement différente (deux années ont passées), je n'ai pas de doute, c'est le même homme qui écrit à sa soeur.

La paradoxe entre le ton calme et le contenu de la carte est impressionnant.

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En décembre 1916, il écrit "je te dirai que nous allons quiter se bon secteur pour retourner à Verdun. Pa autr chose à te dire pour le moment".............. Verdun, cimetière de tant de soldat. Pourtant, il présente cela comme une simple routine ou une fatalité.

En mars 1918, il écrit "je te dirai que je monte au tranchés sette nuit".

Plus poignant peut-être que ces quelques mots si simple, ces regrets "dans ta première que tu m'écrira, tu me dira si tu a recu mes lettre, je nait jamais rien reçu de toi."

Rien reçu de toute la guerre, en tout cas rien reçu de cette soeur qu'il aime visiblement beaucoup et à laquelle il écrit encore et encore.

Ces quelques mots trahissent la solitude du soldat loin de chez lui et qui attends, parfois en vain, des nouvelles de ce monde qu'il a quitté, où la guerre n'est qu'un mirage grondant au loin.

Bien sur, je me suis empressée de chercher sur mémoire des hommes. A-t-il survécu ? Et je ne l'ai pas trouvé............Ouf !!

Avis aux amateurs, si quelqu'un va à Vincennes consulter la liste des soldats du 225e infanterie en 1916 et qu'il trouve Jean Sivard, j'attends de ses nouvelles. J'aimerais savoir ce qu'il est devenu.