L'hôpital général de Blois est tenu par les religieuses de Saint Paul Saint Maurice de Chartres depuis le 22 mars 1841.

Hospice

Mais le 18 décembre 1882, un vent de laïcisation souffle sur l'hôpital général. Les six membres du conseil d'administration sont là, dont le maire de la ville, Mahoudeau.

L'affaire est grave. 312 draps ont disparu de l'hôpital général tenu par les religieuses.

C'est le docteur Yvonneau qui mène la fronde. Il semble très désireux d'évincer ces chastes demoiselles au profit d'un personnel laïque.

Il profite du rapport  de l'ordonnateur, Deschamps, qui lors d'un contrôle de l'inventaire de l'hospice, a découvert qu'il manquait 312 draps ainsi que du mobilier. Immédiatement, le président (le maire) et plusieurs membres du conseil d'administration ont réclamé le départ des religieuses.

Seulement monsieur Chavigny n'est pas d'accord. Il est allé droit à la source (la supérieure) pour avoir une explication et les 312 draps ainsi que le mobilier soit-disant manquant sont bien là où ils doivent être.

C'est parole contre parole, laïque contre catho.

Le docteur Yvonneau continue sa fronde en indiquant qu'il a déjà trouvé le personnel devant remplacer les soeurs, surtout la nouvelle direction !!!

Mais combien cela va-t-il coûter ? Demande Chavigny. Il veut des fait, des noms, des preuves et des chiffres.

Seulement voilà, en face, on lui met en avant la parole d'honneur............ tout est dit.

Heureusement pour Chavigny, Belton est un homme de chiffre. Il évalue à 6 à 7 000 francs la somme nécessaire au traitement annuel d'un personnel laïque contre 1 900 francs du traitement des douze religieuses. Il préconise donc d'attendre jusqu'à ce que les chiffres soient équilibrés.

Mais le conseil d'administration comporte six membres dont quatre sont pour la laïcisation, quelque argument que puisse invoquer Chavigny et Belton. Ni la raison, ni la finance ne gagnent.

La laïcisation est donc votée à quatre voix contre deux.

Les soeurs hospitalières vont devoir quitter l'hôpital général mais continueront à gérer l'hôtel Dieu.