Le service militaire n'existe plus, mais ceux qui l'ont connu se rappellent les ficelles plus ou moins efficaces en vogue pour se faire exempter.

conseil de révision

Cela a toujours existé et le conseil de révision en général démasque rapidement les mystificateurs.

Au palmarès des "excuses" bidons, on trouve la faiblesse de constitution. J'ai vu des bouchers, des forgerons, des bûcherons, des terrassiers faisant état d'une faiblesse de constitution !!! quand on connaît l'activité physique de leur métier, on peut avoir des doutes. Le conseil de révision n'en a pas eu : bon pour le service.

Autre excuse, le défaut de taille. Suivant les époques, la taille minimale pour faire son service oscille entre 1.54 et 1.56 m. Étonnamment, entre le tirage au sort et le conseil de révision, certains prennent plusieurs centimètres en plus en seulement quelques semaines !!!!

Parfois c'est le contraire, un jeune sans réclamation se voit exempter pour un problème de santé qu'il ne se connaissait pas.

Eugène Guillonneau de Blois déclare en 1869 une simple claudication et repart exempté pour paraplégie alors qu'Eusice Rousseau de Selles sur Cher n'a pas de remarque en 1870 et est exempté pour déformation de la poitrine.

Dans tous les cas, c'est un moyen très intéressant de connaître les problèmes de santé de nos ancêtres, hommes évidemment.

On trouve de tout, depuis les pieds plats, les varices, varicocèle, scrofule, gibbosité, alopécie, dentition absente ou lacunaire, jambes ou bras ou mains atrophiés, hernies, maladies de coeur et un certain nombre d'idiots.... et parfois, on trouve des choses plus particulières.

Alexis Nuret, de Gièvres, est exempté en 1869 pour brûlures étendues au visage et Jean Caplan de Selles sur Cher pour brûlures étendues du dos. La même année, même résultat pour Jean Sommier de Selles sur Cher pour atrophie des testicules et mais en 1870, Anatole Joseph Doguet de Blois est bon pour le service avec son seul testicule. En 1843, Pierre Paul Brault se présente avec une dénudation de la partie latérale droite de la tête par suite de blessure !!

Louis Henri Blanchard d'Avaray est exempté en 1869 comme petit-fils unique de septuagénaire. Il rejoint les exemptés "fils de septuagénaire", "fils d'impotant", "fils aîné d'orphelin", "fils aîné" "fils unique" de veuve....

Certains motifs d'exemption laissent perplexe : Louis Sébastien Dubois, de Chaumont sur Tharonne, est exempté pour tache de vin à la face et Pierre Chenault de la même commune pour bec de lièvre congénital. De même il vaut mieux être estropié de la main droite (exemption immédiate) que de la main gauche (bon pour le service).

Une fois passée la difficulté de l'écriture du motif d'exemption puis la difficulté de compréhension du-dit motif, c'est tout un univers qui s'ouvre à nous directement dans l'intimité de ces jeunes hommes.

Et si certaines causes nous portent à sourire, voir rire, il ne faut quand même pas oublier qu'ils n'avaient que vingt ans.