La bataille de Sedan, c'est 120 000 français contre 190 000 Allemands, le 1er septembre 1870.

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Cette bataille n'est pas une bataille comme les autres car elle va provoquer un tournant important dans l'histoire de la France.

Le 1er corps bavarois attaque le village de Bazeilles à quatre heures du matin et va s'y prendre à trois fois avant de réussir à l'enlever. La population y est massacrée sans pitié.

Le maréchal de Mac Mahon est grièvement blessé à sept heures et le passage du commandement va bien être le reflet de l'époque : celui qui est désigné n'est pas le plus ancien qui lui réclame son dû en pleine bataille !!! Bonjour l'unité !!

A dix heures, Bazeilles est aux mains des bavarois qui s'emparent dans la foulée de Balan.

C'est la capitulation. Le drapeau blanc est placé aux portes de la ville de Sedan et l'empereur est fait prisonnier avec toute l'armée, soit 83 000 hommes dont 4 000 officiers.

3 000 hommes parviennent à s'échapper en Belgique.

Effectifs du 1er corps : 942 officiers dont 248 tués ou blessés, 29 827 hommes de troupes dont 10 737 tués ou blessés. Une vraie boucherie.

Le 3 septembre, les prisonniers français sont envoyés au camp de Glaires, nommé le camp de la Misère.

12 000 blessés français se trouvent à Sedan ou dans les environs.

Paris apprend le désastre le 3 septembre et le 4, le gouvernement de défense national proclame la déchéance de l'empereur Napoléon III et de sa dynastie. C'est le retour de la République, cette fois, définitivement.

Dès le début de la guerre, les américains résidant à Paris ont formé une ambulance mais au moment de partir pour le front, le comité décide qu'elle doit rester à Paris. Les chirurgiens refusent et se réunissent aux anglais Mac Cormac, Franck, Webb et autres pour former une ambulance anglo-américaine agréée par la société française de secours aux blessés.

Si l'ambulance est anglo-américaine, son organisation est toute française. Il y a huit chirurgiens anglais et huit chirurgiens américains.

Ils quittent paris le 28 août et arrivent à Sedan le 30, la veille de la bataille.

Le docteur Mac Cormac raconte "nous avons assisté à la défaite de l'armée du Rhin, à la capture d'un empereur avec 80 000 hommes, 300 pièces de canon, 60 mitrailleuses, 90 000 armes !"

La veille du combat, on a attribué, à l'ambulance anglo-américaine, la caserne d'Asfeld, à Sedan avec 384 lits. Dès leur arrivé, ils voient affluer les blessés. Vers six heures, on les informe que deux cent blessés sont restés sans soin au village de Balan, distant de deux kilomètres. Cinq des chirurgiens s'y rendent rapidement et se dispersent pour soigner les blessés, dans les maisons ou directement sur le champ de bataille.

Ils établissent l'ambulance dans la mairie de Balan où les villageois les aident à soigner les blessés.

Avec Mac Cormac et Blewitt, anglais, le docteur Philippe Franck soigne une centaine de blessés dont la plupart sont ensuite transportés à l'hôpital. Les plus gravement atteints restent sur place. Tous les chirurgiens repartent à Sedan, excepté Franck et Blewitt qui passent la nuit sur place et se retrouvent aux premières loges des combats.

Toute la journée, ils vont panser les blessés qui tombent à la porte de l'ambulance. Celle-ci, la mairie du village, est criblée de balles et Franck est obligé de se coucher à côté des blessés et des mourants pour échapper aux balles et aux boulets qui pénètrent le bâtiment. Blewitt doit se rendre à Sedan chercher du matériel chirurgical mais ne peut revenir à Balan, à cause des combats.

Séparé des autres chirurgiens durant la bataille, le docteur Franck reste seul pendant toute la durée des combats, travaillant sans interruption jusqu'à trois heures du matin, s'occuppant de près de deux cent blessés. Ses aides sont les villageois, dont les filles du maître d'école et M. Sauvage, le teinturier qui se dévouent pour les blessés.

Les combats font rage dans et autour du village et les maisons brûlent. Le village est en flamme et les bavarois qui l'occupent préviennent Franck qu'il va devoir évacuer la mairie. Heureusement, le feu ne va pas jusque là.

Le 2 septembre, à six heures du matin, il reprend son poste sans autre aide que celle d'un chirurgien bavarois présent pour soigner ses compatriotes.

Ses collègues ont vu Balan en flamme et ignore tout de son sort.

En milieu d'après-midi, enfin, le docteur Blewit parvient à le rejoindre et ils peuvent soigner les cent trente blessés qui attendent encore.

Ils vont rester jusqu'à la mi-octobre sur place, à soigner blessés français et bavarois.

Messieurs les anglais..... et américains....... merci