Déjà, il faut être docteur puis subir une première épreuve sérieuse pour être admis comme élève militaire au Val-de-Grâce.

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Pendant une année, l'heureux gagnant est spécialement exercé à la pratique de la médecine et de la chirurgie et à la pratique des opérations. Puis il doit subir de nouvelles épreuves très sélectives.

S'il les réussit, il est promu aide-major et donne un certain nombre d'années au service des corps de troupes ou des hôpitaux. Puis il devient médecin-major. Et troisième épreuve, qualifiée "d'épreuves spéciales".

A chaque étape, chaque épreuve, le taux d'échec est grand et ceux qui parviennent à les surmonter auront mis entre dix, quinze à vingt ans de service. Des médecins au top du top.

Enfin ça, c'est en temps de paix parce qu'en temps de guerre, on est largement moins regardant !!

Au moment où l'expérience et la pratique sont nécessaires pour sauver le plus possible de vies, on fait appel à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un soignant, sans se soucier de ses capacités médicales.

Le constat du docteur Chenu est sans appel : "les requis venus de France ont été, à part de très rares exceptions, soit un embarras pour le service, soit une préoccupation de tous les instants pour la discipline" ........... Un embarras pour le service !!! que de drames humains, d'amputations mal réalisées, de blessures mal soignées, de morts, se cachent derrière cette petite phrase gentillette.

La conclusion de Bégin est simple et totalement impossible à mettre en oeuvre, financièrement bien sur : "le service de santé, plus que tous les autres corps de l'armée, a besoin, en temps de paix, de conserver des ressources suffisantes en personnel pour la Guerre".

Et là, on ne parle que des médecins. Que dire des infirmiers !!!

Nous sommes en 1869. Ce constat est établi après la Crimée et la campagne d'Italie et les choses ne vont pas vraiment bouger jusqu'au conflit suivant................ 1870.

En témoigne le capitaine de Maricourt : blessé après la bataille de Loigny, il est emmené en premier dans une ferme avec d'autres blessés. Avec eux se trouve un chirurgien-major d'un régiment de mobile.......... qui ne fait rien sauf dormir.

Blessés depuis le vendredi, aucune plaie n'est pansée, soignée jusqu'au mardi. Le colonel, également blessé, finit par le sermonner "Pourquoi vous êtes-vous fait chirurgien ? Êtes-vous médecin oui ou non ? Si vous l'êtes, votre devoir est de nous soigner, sinon prenez un fusil et allez vous battre !"

Auquel le médecin répondit "je suis bien médecin, mais je ne me suis jamais occupé que de médecine aliéniste" !!! et oui, un aliéniste. Qui se décida enfin à faire quelque chose (peut-être aurait-il du s'abstenir !!!) et se mit à fouiller les plaies avec une sonde (évidemment pas désinfectée d'un patient à l'autre).

Êtres médecin militaire ne s'improvise pas....... malheureusement, ce sont les blessés sur le front qui peuvent en témoigner.