Louis Buscheron est célibataire, domestique laboureur, âgé de trente-trois ans en 1793, domicilié à Nourray.

coffreXVIII

Le 23 août 1793, la convention décide de la levée en masse des hommes, célibataires ou veuf sans enfant, de dix-huit à quarante ans, par tirage au sort.

Pas de chance pour Louis, il est célibataire et dans la tranche d'âge.......... double pas de chance, le tirage au sort le désigne comme cavalier national.

Au moment de partir pour "voler à la défense de la patrie", il doit s'occuper de ses affaires (habits, outils et argent). Il passe donc devant le notaire pour régler le problème.

Il confie devant notaire, à son frère Jean, laboureur à Nourray, son coffre, contenant ses habits, vêtements et linges, son argent en assignat, jusqu'à son retour.

S'il décède, son frère devra procéder au partage de ses biens entre ses héritiers. Et pour qu'il n'y ait pas réclamation, il fait le détail du contenu de son coffre. Malheureusement, le notaire de Lancé n'était pas très doué en vocabulaire alors je vous laisse deviner les vrais mots

  1. Un coffre de bois de chêne fermant à clé contenant un habit de serge sur Etin bleu melle de couleur gorge de pigeon, la veste à plus près de même, une culotte pareille à la veste, un gilet de molleton, le tout presque neuf, un mouchoir de souest presque neuf couleur rouge, bleu et blanc, une paire de guerte de toil de jasont presque neuve, un habit de serge tremiere couleur bleu gris, une veste de serge sur etin couleur gorge de pigeon, ungilet de serge tremière blanche, aux deux tiers usé, une paire de guerte de toile demi use, la culotte de serge trémière couleur gorge de pigeon, plus demi usée, deux gilet l'un de tremière blanche et l'autre de serge sur fille blanche et tous deux plus demie usée, un mouchoire de tolle de jouest couleur bleu rouge blanc et verre au tier usé, six chemises de toile de brin deux presque neuve et quatre comme un tiers usé, plus dix autres chemises aussi de toille de brin très mauvaise, trois draps de grosse toile contenant environ chacun trois aunes dont deux sont presque neuf et un demi usé, deux culottes de toile dont une très mauvaise et une demie usée, deux vieilles vestes, une de serge tremiere et l'autre de serge blanche beaucoup rabillée, un chapeau demie usé, deux paires de souliers tout neuf dont une paire ferrée et l'autre point ferrée, un lit de plume d'ouest ensouillé de deux souille, la première de toille commune et ladessus de côté un traverre de pareille plume ensouillé d'une souille de cotty, une mauvaise couverture de serge sur fille composée de trois morceaux cousus ensemble, un bois de lit de bois de chêne très mauvais, des rideaux de toile de fason rayé composé de trois morceaux une bien mauvaise paillasse de grosse toile point de vergette, point de sielle de lit, une tasse de tien et trois cuillere aussi de ten, et la moitié en un essieu de fer de charette à partager avec son frère René Buscheron à qui l'autre moitié appartient, plus un autre essieu de charette sans garniture que ledit Jean Buscheron usera journellement et dont ledit Louis Buscheron consent qu'il s'en serve jusqu'à son retour gratuitement
  2. et enfin la somme de 518 livres tant en argent qu'en assignat.

Et bien, qui aurait cru qu'il y avait tant de choses dans un coffre d'homme !!! en 1793

Louis Buscheron a survécu........ il est rentré au pays et s'est enfin marié, à quarante ans, avec une petite jeune de vingt-quatre ans. Son frère Jean était là, témoin aux noces.

Une chose est sure, il avait un beau coffre en bois de chêne bien rempli à amener en dot.