Friglon-Loire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1846, la Loire déborde et menace de crever les levées.

La ferme de Friglon (La Touche) est entourée d'eau sur une hauteur de deux mètres. Une famille vit là, les Cabourg, Vincent le père, Marguerite la mère et quatre enfants âgés de 4 à 15 ans.

La famille appelle à l'aide, piégée par l'eau qui monte, lorsque des gendarmes de la brigade de Mer arrivent sur la levée vis à vis de la ferme.

Ils examinent le danger et le maréchal des logis et le gendarme Coullon passent les premiers, avec leurs chevaux. Ils nagent jusqu'à la ferme.

Le gendarme Jean Louis Coullon réussit à attraper les deux plus jeunes enfants, Augustin, 7 ans et Marguerite, 4 ans. Il les place sur son cheval  et les mets en sécurité. La levée crève quelques minutes après.

Mais cela ne s'arrête pas là. Jean Louis va rester à pied d'oeuvre pendant onze heures, trempé, sans nourriture. Il repart seul dans les communes d'Avaray et Lestiou pour porter de nouveaux secours, surveiller les biens sauvés des eaux, toujours en passant sur la levée menaçant à tout moment de s'écrouler sur son passage.

Pour rentrer à la brigade, épuisé, il traverse une nappe d'eau de plus d'un kilomètre sans aucun repère pour le guider, avec son cheval qui nage dans parfois jusqu'à cinq à six pieds d'eau.

Le courage est une vertue chez Jean Louis. Muté à Lamotte Beuvron, il intervient sur plusieurs incendies.

Ces excès de bravoure laissent des traces sur ce courageux gendarme. Sa santé est considérablement altérée et il décède à Lamotte Beuvron, en 1854, laissant une veuve et deux enfants en bas âge.

Respect monsieur Coullon