Les inhumations d'inconnus sont courantes sous l'ancien régime, avec les morts trouvés dans les chemins et les granges, sans domicile fixe ou voyageurs désargentés. Mais ce n'est pas le cas de l'inconnu qui suit et donc l'acte de sépulture n'est pas ragoûtant !!!

Le 21 juin 1787, le curé de la Cerlangue, en Seine Maritime, procède à l'inhumation, sur ordre, du corps d'un inconnu trouvé sur le rivage de la Seine.

Il s'agit d'un homme paraissant environ 40 ans, de 5 pieds 2 pouces, gros et replet, le visage entièrement enlevé par le roulis de la mer, n'ayant plus de cheveux et sur lequel on a trouvé :

  • des bas de laine grise,
  • des souliers avec des boucles d'argent tressées, relevées en petites bosses, garnies en fer,
  • des culottes bleues aussi avec des boucles d'argent,
  • des caleçons et une chemise de toile avec deux boutons d'argent, un surtout bleu,
  • deux gilets dont l'un blanc et l'autre bleu,
  • une petite montre à boite d'argent, une chaîne d'argent au bout de laquelle il y a une petite médaille sur laquelle est gravé "hispa" et "ind R F r" armoriés dans le milieu formant un carré avec deux ii brisés de chaque côté de l'écusson et de l'autre côté est une petite figure autour de laquelle est écrit "dei gratia carolus ",
  • deux clefs de fer, une grande et une petite qui paraissent être des clés d'armoire,
  • 35 livres 2 sols en argent blanc monnaie de France,
  • un pendant d'oreille jaune paraissant or.

 

Le corps n'a donc pas été détroussé. Il parait noyé depuis très longtemps car (âmes sensibles s'abstenir) le cadavre est rempli de vers, ayant les boyaux en partie sortis du corps, les linges et hardes entièrement pourris. Voilà, c'est dit.

Rien n'indique sur l'acte que le mort a été identifié..... au moins, le curé a été précis.