Le 25 octobre 1815, Pierre Belton, 23 ans, épouse Madeleine Poilerat, 17 ans,  à Mer, dans le Loir et Cher.

Ils vont avoir quatre enfants, trois garçons et une fille. Le petit dernier, André, naît le 6 juillet 1829, à Mer. Son père est vigneron.

André est le dernier à quitter le foyer familial. En 1851, il vit avec ses parents rue basse d’Aulnay.

Soldat de la classe 1849, bon pour le service, il est envoyé en Crimée  lorsque la France déclare la guerre à la Russie. Il est grenadier au 19e régiment d’infanterie, 2e bataillon de grenadiers.

Avril 1855, devant Sébastopol : la journée du 9 avril commence sous une pluie battante et un vent violent. A midi, le temps est plus favorable. Les tranchées sont remplies d'eau.

Vers 5 heures du matin, les assiégeants de Sébastopol rouvrent le feu par 500 bouches à feu auxquelles répondent les 1000 pièces russes. Les batteries françaises tirent près de 30 000 coups dans les vingt-quatre heures. Ce bombardement est infernal.

Cent blessés sont apportés à l'ambulance du Clocheton et à celle du Carénage.

Le 10, le temps est assez bon et le feu continue avec des tentatives pour détruire des embuscades russes dans le voisinage du Cimetière.

Le 11, le général Bizot est mortellement blessé, il décède le 15. Niel prend le commandement du génie. Nouvelles tentatives pour détruire les mêmes embuscades et lors du combat de nuit, 250 hommes sont tués ou blessés.

Les escadres alliées menacent l'entrée du port et obligent les russes à une active surveillance de ce côté. Les bâtiments alliés profitent de l'obscurité de la nuit pour tirer leurs bordées sur la ville.

Le 13 avril, plusieurs explosions retentissent dans la ville et jusqu'au 14, plusieurs postes retranchés Russes, entre le Cimetière et le bastion central, sont enlevés par les alliés.

On estime à plus de 46000 les coups des batteries françaises sur ces 4 jours.

Le 15 avril, M. Carmouche, médecin major du 100e de ligne est blessé. Vers 8 heures du soir, le génie met le feu à plusieurs mines en avant du bastion du Mât. Les entonnoirs produits sont immédiatement occupés par nos troupes et le combat dure toute la nuit.

Le 16 avril, quelques cas de choléra sont signalés parmi les hommes de la 4e division du 2e corps.

Le 18 avril, les russes tentent des sorties vers les entonnoirs mais sont repoussés. Le feu des batteries françaises a déjà rompu plusieurs fois la passerelle du port du Sud, mais la rupture est plus complète et les russe, dont les communications sont interrompues avec Karabelnaïa, la rétablissent 600 m plus loin.

Les 23 et 14 avril, les russes font sauter des mines en avant des entonnoirs. C’est là qu’André Belton trouve la mort. Il est étouffé par la terre déplacée par l’explosion d’une mine  russe, à la tranchée devant Sébastopol.

Au total, Les combats d'avril 1855 font, dans les rangs français, 356 morts, 2482 blessés et 50 disparus. André figure parmis les 356 morts.