25 avril 2008
On ne trompe pas son curé si facilement
Le 18 avril 1757, le curé de la paroisse Saint Honoré de Blois, reçoit une demande d'extrait de baptême pour Louis Sirvant, compagnon serrurier, provenant d'Avallon en Bourgogne et expédiée le 14.
Il y est indiqué tous les détails nécessaires sur les noms des parents et des parrain et marraine, ainsi que le jour, 30 mai et l'âge approximatif de Louis Sirvant : 31 ans.
Quoi de plus banal ?
Sauf que le curé de Saint Honoré ne répond pas et marque au bas de la lettre cette phrase lapidaire : le misérable se trompe, il ne sait plus ce qu'il fait. Il est né ici le 28 mai 1723 et marié à Marie Chiquet, aussi en cette paroisse le 13 avril 1744.
Mais le 24 mai 1757, le curé d'Avallon écrit au curé de Saint Honoré : il vient de refuser de marier Louis Sirvant car il a des doutes (et les détails sur ses père et mère sont bien indiqués, les mêmes que précédemment) sauf que la date de naissance indiquée est le 30 mai 1725.
Le mariage a été refusé car l'extrait baptistère fourni !!!!! ne semble pas conforme au curé : mal écrit, bourré de fautes, indigne d'un prêtre d'une paroisse comme Saint Honoré de Blois !!!!
Il demande donc des informations au curé de la paroisse pour pouvoir rapidement marier ce jeune homme !!!!
Cette fois, le curé de Saint Honoré répond le 30 mai 1757 :
"Voyez ce misérable qui est marié et dont la femme est actuellement vivante dans Paris, qui veut passer à une autre mariage et pour cet effet, suppose des extraits et certificats qu'il a lui-même fagoté ou fait composer !!!!
Cet homme a de la confusion dans l'esprit car il est né le 28 mai 1723. Je lui ai délivré son extrait de baptême en 1751 ou environ et a été marié ici sous le nom de Pierre Sirvant le 13 avril 1744 tandis qu'il est bien certain qu'il se nomme Louis et l'aveu qu'il fait de ses parrain et marraine constatent la vérité."
On ne trompe pas son curé comme ça !!!
02 avril 2008
Liberté de culte mais conflit de territoire
Cela se passe en 1857.
La Révolution est passée et la liberté de culte a été accordée. Liberté ne veut pas dire facilité !!!
Voici les aventures de trois religieux : un pasteur et deux curé, dont l'entente était pour le moins pas cordiale du tout. Et voici bien sur la version des deux car qui n'entend qu'un son de cloche...............
Version du pasteur de Josnes :
Une femme de Villebarou venant de temps en temps au temple et était soignée par sa fille, protestante, faisant parti du "troupeau" de ce pasteur est décédée. Rien ne prouve qu'elle était catholique car le curé n'a pas été appelé à son lit de mort. Le mari de la défunte et tous ses enfants, ont demandé au pasteur de procéder à son enterrement, auquel assistait d'ailleurs le maire avec son écharpe (de maire bien sur).
Un vieillard de Vineuil, refusant la confession, le prêtre catholique refusa d'accompagner le convoi funèbre. C'est d'ailleurs une commune où l'on se passe hélas du ministère religieux. Le fils vint demander au pasteur d'aller prononcer quelques paroles évangéliques sur la tombe de son père, chose que le curé avait refusé. Après avoir reçu l'accord du maire qui accompagnait le convoi, le pasteur accepta.
Version du curé de Villebarou :
Madeleine Marguerite Bernier, femme d'Etienne Boissière, appartenait à la religion catholique. C'est un fait de notoriété publique. Huit jours avant son décès, elle assistait à la messe de la paroisse. Pendant sa dernière maladie, qui n'a duré que deux jours, elle n'a aucunement manifesté l'intention d'abandonner la foi de ses pères.
Le curé c'est transporté au domicile de sa paroissienne défunte où il a trouvé ses deux filles. Interrogées par le curé sur la visite du pasteur, elles ont répondu qu'il n'était pas venu. Interrogées sur la volontée de leur mère d'être enterrée par le pasteur, elles ont répondu que leur mère avait toujours vécu dans le sein de l'église catholique. Si elle a été enterrée par le pasteur, c'est parce quelques membres de la famille l'ont voulu, parce que avec le pasteur, c'était gratuit. Ils ont donc demandé au curé de bien vouloir célébrer une messe solennelle de réquiem en sa mémoire.
Version du curé de Vineuil :
Il a été appelé le 8 octobre au soir auprès d'un malade nommé Etienne Fontaine, vieillard de 80 ans. Arrivé là, il eut une mauvaise réception de la part de cet homme et reparti mais sans surprise car l'homme était très mal famé dans le pays. Le curé y est retourné deux autres fois sans succès. Il a prévenu le moribond des conséquences de sa conduite et dit à la famille que la religion ne pourrait pas bénir sa tombe. Le 11 octobre au matin, deux membres de la famille l'avertirent du décès en le priant de procéder à l'enterrement ce que le curé a refusé suivant son devoir. Ils allèrent donc, influencés par de mauvais conseils, prier le pasteur, monsieur Cadier, de vouloir bien être plus complaisant ce qu'il a accepté à l'étonnement et au scandale de la population.
Bien évidemment, chaque religieux, curé comme pasteur, fut soutenu par sa hiérarchie mais la religion catholique, encore bien implantée dans la morale même politique, gagna et le pasteur reçu un blâme.
Et tout cela dans la seule interprétation plus que houleuse de l'article 19 décret du 23 prairial an XII que vous pourrez découvrir ici : Texte à lire