Une de mes marottes farfouilleuse porte sur la justice au XIXe siècle. Les faits divers, leur traitement par la justice et la presse de l'époque, leur parallèle avec la justice actuelle............... le tout dans un contexte généalogique bien sur, sont une de mes occupations archivistiques.

Dans le cadre de la formation, et pour une bonne utilisation des archives départementales, je me sers de ces faits divers avec mes élèves. Cela leur permet d'utiliser des séries peu connues des généalogistes et pourtant une mine de renseignements extraordinaires. A partir du moment où l'on respecte la règle que j'impose à mes élèves : on ne juge pas, on analyse les documents, on les replace dans le contexte de l'époque et C'EST TOUT.

Je suis un peu tatillonne sur le sujet !!!!

En farfouillant donc dans les archives judiciaires, je me suis intéressée aux infanticides. Pas très gais je le reconnais, mais toujours présents à toutes les époques.

Je recense donc tous ces infanticides et je recherche tous les renseignements encore accéssibles pour essayer de comprendre comment la justice et les moeurs de l'époque fonctionnaient. Et je recherche aussi, qui étaient ces jeunes femmes, ce qui a pu les mener à cet acte contre nature et ce qu'elles sont devenues après.

De 1854 à 1871, j'ai recensé au moins 54 décès d'enfants dont 36 ont été qualifiés d'infanticides aux yeux de la justice. Les autres étant requalifés comme suppression d'enfant ou homicide par imprudence.

Cela fait à peu près 2 infanticides par an sur le département du Loir et Cher.

Une constante dans ces infanticides, la profession de la mère : domestique ou journalière, bergère parfois.... des métiers tout au bas de l'échelle sociale. Quelle peine était requise ? de 5 à 12 ans de travaux forcés et deux exceptions : une peine de travaux forcés à perpétuité et une peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité.

Reste à découvrir chaque enquête pour connaitre les raisons qui font passer la mort d'un nouveau né du statut d'infanticide au statut de mort par imprudence et pourquoi de 5 ans de travaux forcés passe-t-on à la peine de mort, pour un même "délit" ?